Lee Ufan

Hotel Vernon, Arles

@Jacopo La Forgia

Lee Ufan est un artiste, peintre, sculpteur et philosophe sud-coréen né en 1936.

Il est le principal théoricien du mouvement d’avant-garde japonais Mono-ha (« L’école des choses »), un mouvement artistique japonais apparu à la fin des années 1960, qui cherche, plutôt qu’à fabriquer des choses, à mettre en présence les matériaux, pierre, terre, bois, acier, et révéler les relations qui existent entre eux, l’espace et le regardeur.

Son travail se caractérise par une économie radicale de moyens et de gestes : intervenir le moins possible, laisser une place au vide, au silence, au temps et à la matière. Dans ses peintures comme dans ses sculptures, ce qui n’est pas fait, peint ou occupé compte autant que ce qui l’est.

Lee Ufan partage sa vie et son travail entre la France (Paris), le Japon et les États-Unis.

Pourquoi Arles ?

L’histoire est assez belle, parce que Lee Ufan n’a pas choisi Arles au hasard.

Il découvre la ville au début des années 2010 à l’occasion de la publication de sa première monographie française chez Actes Sud puis d’une exposition organisée par l’association du Méjan.

Quelque chose dans Arles semble avoir fait écho à sa manière de penser. Il évoque des ressemblances avec la petite ville japonaise où il séjourne : le calme à proximité d’une métropole, mais aussi une certaine spiritualité du lieu. Il dira que sa rencontre avec Arles lui a permis de « renouveler ses pensées ».

Lee Ufan acquiert l’Hôtel Vernon, un hôtel particulier construit et transformé entre les XVIe et XVIIIe siècles. Il confie sa transformation à son ami Tadao Ando, qui avait déjà conçu son musée de Naoshima au Japon.

Relatum

Au rez-de-chaussée sont principalement installés les Relatum.

Les Relatum sont le nom que Lee Ufan donne, depuis les années 1970, à la plupart de ses œuvres sculpturales et installations.

Le mot est essentiel : un relatum, en philosophie, désigne une chose considérée dans sa relation à une autre. Chez Lee Ufan, l’œuvre n’est donc pas vraiment la pierre, la plaque d’acier ou le verre pris séparément : elle est la relation créée entre ces éléments, l’espace qui les sépare et le spectateur qui les rencontre.

Geste pictural

Au premier étage, les peintures.

Sa pratique picturale repose sur la répétition d’un geste volontairement réduit : une ligne, une touche, une trace, laissant au vide une place aussi importante qu’à la peinture.

À L’hôtel Vernon, plusieurs décennies de cette recherche sont réunies, des séries historiques From Line aux Dialogue plus récents, permettant de voir le geste se raréfier progressivement jusqu’à tendre vers le signe unique.

Terre cuite

Coupe de coeur personnel, aussi parce que cette pièce me fait penser à un haïku, où tout est dit de ce qui vient de se passer en si peu de mots.

C’est une plaque de terre cuite orange, assez petite, avec une seule intervention au centre, comme une pression/trace du doigt dans la matière. Signée de la main de Lee Ufan.

Il existe plusieurs versions, aux dimensions proches, de cette oeuvre.

E n v o i r p l u s ?

Lee Ufan, Arles

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