La Brillante interview – #3
Margot van Haelst.
Ou comment prendre de la hauteur dans son travail.

P O R T R A I T
Guidée par une profonde passion pour l’art et l’esthétique, Margot cherche à influencer son environnement grâce à une approche à la fois créative et intuitive. Chacun de ses projets naît de son amour pour la peinture et le design d’intérieur, avec une attention particulière portée à la beauté et à l’harmonie des espaces qu’elle transforme.
Dès son plus jeune âge, le dessin s’impose comme sa première forme d’expression artistique, marquant le début d’un parcours entièrement tourné vers les arts. Après avoir obtenu son Master à la prestigieuse École Supérieure des Beaux-Arts, elle s’installe aux Pays-Bas, où elle se spécialise aujourd’hui dans la création de fresques murales de grande ampleur.

L E P R O J E T
« Une fresque sur le plafond d’un appartement d’inspiration haussmannienne, dans le sud de la France, en Drôme provençale.
J’ai retravaillé mon style artistique en l’adaptant à un format de 1,40 × 4m, tout en longueur. J’ai cherché à créer quelque chose qui s’accorde avec le lieu : une œuvre qui se fonde dans le décor tout en le révélant, incitant à lever la tête dès l’arrivée dans l’espace ».

L’ I N T E R V I E W
A quel moment as-tu su que ce projet était pour toi ?
Margot v.H : Dès les premières photos reçues, j’ai su que ce lieu allait me parler. Et lorsque je suis entrée dans l’appartement, ça a été une évidence. Les volumes, les moulures, cette élégance du style haussmannien : c’est un terrain de jeu extraordinaire pour mon univers artistique. Je savais que je pouvais apporter quelque chose de juste, de subtil, une forme de dialogue entre tradition et contemporain.
Tu te souviens du moment précis où le projet a commencé à exister pour toi ?
Margot v.H : Lors de ma première visite. À ce moment-là, j’ai visualisé la fresque, un peu comme si elle existait déjà. Je me suis dit que ce plafond méritait d’être souligné. Il avait tendance à être oublié (tout en blanc), alors même que cette entrée avait son importance. Je pense que le couloir est le premier volume que l’on découvre dans un intérieur ; il se doit de donner le ton au reste de l’appartement.
Comment le projet s’est-il concrètement mis en place ?
Margot v.H : Progressivement mais naturellement : plusieurs visites sur place, des échanges très fluides avec le propriétaire, des appels pour affiner le projet, un moodboard avec des croquis afin de capter exactement la vision que nous partagions, puis des tests de couleur. Tout s’est fait dans une grande confiance mutuelle.
Qu’est-ce qui a été le plus difficile à mettre en œuvre ?
Margot v.H : « Hauteur » ! La hauteur sous plafond de 3,40m est exceptionnelle : elle donne beaucoup de cachet à l’appartement, mais représente une contrainte réelle pour le peintre, entre la perte d’équilibre et les allers-retours pour aller chercher le matériel. L’échafaudage est indispensable. C’est à la fois challengeant mais vertigineux.

Qu’est-ce qui ne s’est pas passé comme prévu, et qui, finalement a fait la différence ?
Margot v.H : La fatigue liée au travail en hauteur était plus présente que prévu. Cela m’a poussée à travailler différemment : davantage à l’écoute de mon corps, avec des pauses plus intelligentes. Le projet n’a pourtant pas demandé plus de temps malgré ces pauses répétées.
Qu’est-ce que tu referais exactement pareil ? Et qu’est-ce que tu ferais autrement ?
Margot v.H : Je referais absolument pareil : m’asseoir au sol et simplement observer le plafond, en notant mes pensées et mes idées sans compter mon temps. C’est un moment de projection essentiel pour moi, loin d’être « passif ».
Ce que je ferais autrement : fermer l’appartement et ne pas accepter les visites ni les déplacements pendant le travail, afin de préserver davantage mon énergie et ma bulle de concentration durant la création (et mon équilibre donc !)
En quoi il a transformé ta manière de créer ou de te positionner ?
Margot v.H : Il m’a confirmé mon envie d’investir davantage des lieux de caractère et de dialoguer avec l’architecture. Mon art devient un acteur de l’espace dès lors qu’il attire le regard. J’ai pris conscience que je pouvais travailler à une échelle plus grande (ou plus haute ! )
Si tu devais résumer cette expérience en une phrase pour un artiste qui hésite à se lancer, tu lui dirais quoi ?
Margot v.H : Lorsqu’un projet t’appelle, il ne faut jamais hésiter, et surtout ne pas remettre à « la prochaine fois ». C’est le moment, ton moment. L’intuition est toujours la bonne.
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Je suis Aurélie Lecou, fondatrice de l’agence innée, destinée à accompagner artistes et artisans d’art dans leur positionnement et leur communication.
D’une manière un peu différente, sans classes virtuelles ni programme digital.
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